Ce qu'il faut avoir en tête avant d'entrer dans la technologie : de quoi un réseau est fait, qui transporte la donnée, sur quel support et à quelle échelle.
Comment une information devient une donnée puis un signal, comment on numérise un son ou une image, et comment manipuler sans erreur bits, octets et préfixes.
Débit, bande passante, latence, gigue et taux d'erreur : les cinq grandeurs qui décrivent une liaison, avec les calculs que l'on refait toute sa carrière.
Ce que les équipements doivent convenir entre eux : le protocole, le sens des échanges, la forme de la transmission et la synchronisation des horloges.
De quoi un réseau est fait, qui produit la donnée et qui la transporte, sur quel support, et à quelle échelle géographique. Ce chapitre réactive les acquis de licence avant d'aborder la technologie proprement dite.
Un réseau informatique est un ensemble d'équipements interconnectés par un support de transmission et respectant des règles communes, les protocoles, afin d'échanger des données et de partager des ressources.
Équipements : le matériel qui émet, reçoit ou relaie les données.
Interconnexion : le support physique qui les relie, cuivre, fibre ou air.
Protocoles : les règles qui rendent l'échange interprétable de part et d'autre.
Le terme qu'on oublie
Deux machines reliées par un câble mais sans protocole commun ne communiquent pas : elles reçoivent des signaux qu'elles ne savent pas interpréter. C'est exactement la situation de deux personnes qui se parlent dans deux langues différentes.
Exemple
Votre PC (équipement) est relié au commutateur par un câble Ethernet (interconnexion) et échange des trames au format IEEE 802.3, puis des paquets IP et des segments TCP (protocoles). Retirez n'importe lequel des trois : la page web ne s'affiche pas.
À retenir : un réseau n'est pas seulement du matériel et des câbles. Sans règles communes, l'interconnexion physique ne suffit pas.
Chapitre 1 · Rappel des fondamentaux
1.2 Équipements terminaux et équipements intermédiaires
Principe
Le matériel réseau se répartit en deux familles : les équipements terminaux, qui produisent ou consomment la donnée, et les équipements intermédiaires, qui la transportent d'un point à un autre.
Famille
Rôle
Exemples
Terminaux
Source ou destination de la donnée ; portent une adresse et une application
Commutateur, routeur, point d'accès, box, pare-feu, répéteur
La carte réseau (NIC) est la frontière : elle porte l'adresse MAC du terminal et convertit les bits en signal.
Le commutateur relie les machines d'un même réseau local ; le routeur relie des réseaux différents et constitue la passerelle vers l'extérieur.
Un même boîtier peut cumuler les rôles : une box domestique est à la fois modem, routeur, commutateur et point d'accès.
Test simple
Posez-vous la question : « cet appareil peut-il être l'expéditeur ou le destinataire final d'un message ? » Si oui, il est terminal. S'il ne fait que faire suivre, il est intermédiaire.
Trier le matériel réseau10 équipements à classerÀ manipuler
Mode d'emploi : cliquez sur un équipement pour le sélectionner, puis sur la famille qui lui correspond. Une erreur renvoie l'équipement dans la réserve.
Équipements terminauxProduisent ou consomment la donnée
Équipements intermédiairesTransportent la donnée
Sélectionnez un équipement, puis sa famille.
À retenir : la donnée voyage d'un terminal source vers un terminal destination, à travers une suite d'équipements intermédiaires qui ne la modifient pas.
Chapitre 1 · Rappel des fondamentaux
1.3 Supports de transmission et échelle du réseau
Trois familles de supports
Le signal voyage sous forme électrique dans le cuivre, lumineuse dans la fibre optique, ou radio dans l'air. Chaque famille a sa portée, son débit et sa sensibilité aux perturbations.
Support
Portée usuelle
Débit courant
Point faible
Paire torsadée
100 m
1 à 10 Gbit/s
Perturbations électromagnétiques
Fibre optique
2 à 80 km et plus
1 à 400 Gbit/s
Coût de mise en œuvre, fragilité mécanique
Radio (Wi-Fi)
20 à 50 m en intérieur
0,1 à 2 Gbit/s partagés
Obstacles, interférences, support partagé
Critères de choix
Distance à couvrir, débit visé, immunité aux perturbations, coût du mètre installé, mobilité des utilisateurs, et durée de vie souhaitée de l'installation.
Échelle des réseauxDu PAN au WANÀ manipuler
Mode d'emploi : déplacez le curseur de distance. La classe de réseau, la technologie et un exemple se mettent à jour.
30 m
CLASSELAN
TECHNOLOGIEEthernet, Wi-Fi
EXEMPLESalle de TP
Déplacez le curseur pour changer d'échelle.
À retenir : PAN, LAN, MAN et WAN ne décrivent pas des technologies mais des étendues ; Internet est l'interconnexion mondiale de ces réseaux.
Comment une information devient une donnée puis un signal physique, pourquoi le numérique résiste au bruit, comment on numérise la voix ou la musique, et comment manipuler sans erreur bits, octets et préfixes.
2.1 Le système de communication (modèle de Shannon)
Modèle
Claude Shannon (1948) décrit toute communication par cinq éléments : une source, un émetteur qui code, un canal qui transporte, un récepteur qui décode, et un destinataire. Le bruit s'ajoute au signal pendant la traversée du canal.
Source et destinataire : les applications et les terminaux qui produisent ou exploitent l'information.
Émetteur et récepteur : carte réseau, modem, module optique ou radio ; ils adaptent l'information au canal.
Canal : câble, fibre ou espace libre. Il atténue, déforme et ajoute du bruit.
Exemple : un appel en visioconférence
La source est l'application, l'émetteur est la carte Wi-Fi qui transforme les bits en ondes, le canal est l'air perturbé par les murs et les réseaux voisins, le récepteur est le point d'accès, le destinataire est l'application du correspondant.
Le canal et son bruitRapport signal sur bruit réglableÀ manipuler
Mode d'emploi : réglez le bruit, puis envoyez un message. Les bits altérés par le canal apparaissent en rouge.
12 %
Réglez le bruit puis envoyez le message.
À retenir : tout canal réel est imparfait. Le bruit impose un codage adapté et un mécanisme de détection d'erreurs à l'arrivée.
Chapitre 2 · Information, signal et numérisation
2.2 Information, donnée et signal
Trois niveaux
L'information est le sens à transmettre. La donnée en est la représentation codée. Le signal est la grandeur physique qui la transporte réellement sur le support.
« Il fait 23 °C » → 00010111 → tension, lumière ou onde
Analogique
Numérique
Valeurs
Continues, une infinité de niveaux
Discrètes, un nombre fini d'états
Exemples
Voix au micro, radio FM, ancienne ligne téléphonique
Fichier, trame Ethernet, flux vidéo compressé
Face au bruit
L'altération se cumule à chaque amplification
Le récepteur décide 0 ou 1 : le signal est régénéré
La propriété décisive
Un répéteur ou un commutateur décide, pour chaque symbole reçu, s'il vaut 0 ou 1, puis réémet un signal propre. Le bruit ne s'accumule donc pas de saut en saut : c'est ce qui rend possible un réseau mondial.
À retenir : le réseau transporte des données numériques, portées physiquement par un signal qui, lui, reste analogique.
Chapitre 2 · Information, signal et numérisation
2.3 Numériser un signal analogique
Trois étapes
1. Échantillonner : mesurer le signal fe fois par seconde, avec fe ≥ 2 × fmax (théorème de Shannon-Nyquist). 2. Quantifier : arrondir chaque mesure à l'un des 2n niveaux. 3. Coder : écrire chaque niveau sur n bits.
Débit = fe × n × nombre de voies
Exemple
Réglages
Débit
Téléphonie
voix ≤ 3,4 kHz → 8 kHz, 8 bits, 1 voie
64 kbit/s
CD audio
≤ 20 kHz → 44,1 kHz, 16 bits, 2 voies
1,41 Mbit/s
Si fe est trop faible
Le signal reconstitué n'a plus rien à voir avec l'original : c'est le repliement de spectre (aliasing). On le retrouve à l'image quand les roues d'une voiture semblent tourner à l'envers au cinéma.
Échantillonner et quantifierLe signal, ses échantillons et le débit obtenuÀ manipuler
Mode d'emploi : réglez la fréquence d'échantillonnage et le nombre de bits, puis observez la courbe reconstituée et le débit calculé.
FRÉQUENCE16 kHz
NIVEAUX8
DÉBIT48 kbit/s
1 MINUTE360 ko
Réglez les curseurs pour voir l'effet sur la fidélité et sur le débit.
À retenir : plus on échantillonne vite et plus on code finement, plus le signal est fidèle… et plus le débit nécessaire augmente. D'où la compression avant transmission.
Chapitre 2 · Information, signal et numérisation
2.4 Bits, octets et unités de mesure
Préfixe décimal (SI)
Valeur
Préfixe binaire (CEI)
Valeur
k (kilo)
10³ = 1 000
Ki (kibi)
2¹⁰ = 1 024
M (méga)
10⁶
Mi (mébi)
2²⁰ = 1 048 576
G (giga)
10⁹
Gi (gibi)
2³⁰ ≈ 1,074 × 10⁹
bit (b) : plus petite unité d'information, 0 ou 1. octet (o) : groupe de 8 bits.
Débits : toujours en bit/s et en préfixes décimaux. 1 Mbit/s = 1 000 000 bit/s, jamais 1 048 576.
Stockage : en octets ; certains systèmes affichent des valeurs binaires, d'où les « 64 Go » annoncés qui deviennent 59,6 Go à l'écran.
Méthode
Convertissez d'abord tout en bits et en secondes, puis calculez. 700 Mo à 20 Mbit/s : 700 × 8 = 5 600 Mbit, divisé par 20 = 280 s, soit un peu moins de 5 minutes.
Convertisseur et temps de transfertTaille, débit, duréeÀ manipuler
Mode d'emploi : saisissez une taille de fichier et un débit. Le détail du calcul s'affiche ligne par ligne.
EN BITS5,6 Gbit
DÉBIT EN OCTETS2,5 Mo/s
DURÉE MINIMALE4 min 40 s
La durée obtenue est un minimum théorique : en-têtes, partage du lien et retransmissions l'allongent toujours.
À retenir : 1 octet = 8 bits. Pour passer d'un débit en bit/s à des octets par seconde, divisez par 8.
Débit, bande passante, latence, gigue et taux d'erreur : les cinq grandeurs qui décrivent une liaison, les calculs que l'on refait toute sa carrière, et les ordres de grandeur à connaître par cœur.
Bande passante : plage de fréquences qu'un support transmet correctement, en hertz. Un câble de catégorie 6 offre 250 MHz. Débit : quantité de bits transmis par seconde, en bit/s.
Analogie de l'autorouteLa bande passante est le nombre de voies : la capacité offerte par l'infrastructure. Le débit est le nombre de véhicules qui passent par seconde. La latence est la durée du trajet d'un véhicule. Ajouter des voies augmente le débit, mais ne raccourcit pas le trajet.
Débit nominal : celui annoncé par la norme, 100 Mbit/s, 1 Gbit/s.
Débit utile : ce qui reste pour l'application après les en-têtes de chaque couche.
Débit mesuré : ce que l'on obtient réellement, une fois le lien partagé et les retransmissions comptées.
Rendement d'une liaison EthernetOù passent les bitsÀ manipuler
Mode d'emploi : faites varier la taille des données applicatives dans la trame et observez la part des en-têtes.
1460 o
SUR LE CÂBLE1538 o
RENDEMENT94,9 %
DÉBIT UTILE À 1 Gbit/s949 Mbit/s
À retenir : le débit utile est toujours inférieur au débit nominal. Les petites trames coûtent proportionnellement beaucoup plus cher en en-têtes.
Chapitre 3 · Performances d'une liaison
3.2 La latence et ses composantes
Définition
La latence est le temps mis par une donnée pour aller de la source à la destination. Elle se décompose en quatre termes qui s'additionnent à chaque équipement traversé.
Terme
Dépend de
Ordre de grandeur
Traitement
Puissance de l'équipement
Quelques µs
Attente
Charge du lien de sortie
0 à plusieurs ms, très variable
Transmission
Taille du paquet et débit
12 µs pour 1 500 o à 1 Gbit/s
Propagation
Distance et vitesse du signal
5 µs par km de fibre
C:\> ping 8.8.8.8
Réponse de 8.8.8.8 : octets=32 temps=18 ms TTL=117
Réponse de 8.8.8.8 : octets=32 temps=21 ms TTL=117
Minimum = 18 ms, Maximum = 21 ms, Moyenne = 19 ms
RTT
La commande ping mesure l'aller-retour (Round-Trip Time). 18 ms vers un serveur public signifie environ 9 ms dans chaque sens. L'écart entre les mesures, lui, révèle la gigue.
À retenir : latence = traitement + attente + transmission + propagation, cumulés à chaque saut du chemin.
Chapitre 3 · Performances d'une liaison
3.3 Calculer le délai de transmission et le délai de propagation
Formules
Délai de transmission : Tt = L / D, où L est la taille du message en bits et D le débit en bit/s. Délai de propagation : Tp = d / v, où d est la distance et v la vitesse du signal, environ 2 × 10⁸ m/s dans le cuivre et la fibre, 3 × 10⁸ m/s dans l'air.
Délai total = Tt + Tp + traitement + attente
Le piège classique
Augmenter le débit réduit Tt, jamais Tp. Sur une liaison intercontinentale ou par satellite, la propagation domine : payer un lien dix fois plus rapide ne divise pas la latence par dix.
Calculateur de délaisTaille, débit, distance, supportÀ manipuler
Mode d'emploi : réglez les trois curseurs. La barre montre la part respective de la transmission et de la propagation.
90 km
Tt TRANSMISSION120 µs
Tp PROPAGATION450 µs
TOTAL ALLER570 µs
À retenir : convertissez d'abord en bits, en mètres et en secondes, puis appliquez les deux formules. La propagation ne dépend que de la distance.
Chapitre 3 · Performances d'une liaison
3.4 Le produit débit × délai : les bits « en vol »
Principe
Le lien se comporte comme un tuyau : sa longueur est le délai, son diamètre est le débit. Le produit D × Tp donne la quantité de données présentes sur le lien à un instant donné, les bits « en vol ».
Données en vol = D × RTT
Si l'émetteur attend l'accusé de réception de chaque paquet, le tuyau reste vide et le débit obtenu s'effondre.
Pour remplir le tuyau, il faut pouvoir émettre D × RTT octets avant la première réponse : c'est le rôle de la fenêtre glissante de TCP, étudiée en séance 11.
Deux cas extrêmes
Sur un LAN à 1 Gbit/s avec un RTT de 0,1 ms, il suffit de 12,5 ko d'avance. Sur un lien intercontinental à 1 Gbit/s avec un RTT de 80 ms, il en faut 10 Mo.
Remplir le tuyauAttendre chaque réponse ou émettre en continuÀ manipuler
Mode d'emploi : choisissez un lien, puis comparez les deux stratégies d'émission.
DONNÉES EN VOL1,25 Mo
DÉBIT OBTENU1,2 Mbit/s
CAPACITÉ UTILISÉE0,1 %
À retenir : un lien rapide et lointain « contient » beaucoup de données. Il faut émettre sans attendre chaque réponse, sinon la capacité reste inutilisée.
Chapitre 3 · Performances d'une liaison
3.5 Gigue et taux d'erreur binaire
Gigue
Variation de la latence d'un paquet à l'autre, causée par l'attente variable dans les files des équipements. Elle n'a aucun effet sur un transfert de fichier, mais hache la voix et saccade la vidéo.
Taux d'erreur binaire (TEB)
Proportion de bits reçus erronés. Fibre : de l'ordre de 10⁻¹². Cuivre : 10⁻¹⁰. Radio : de 10⁻⁶ à 10⁻³. La probabilité qu'une trame de n bits soit touchée vaut environ n × TEB.
Les deux remèdes
Contre la gigue : un tampon côté récepteur et la priorité aux flux temps réel (QoS). Contre les erreurs : la détection par champ de contrôle puis retransmission, ou un code correcteur (FEC) quand la retransmission coûte trop cher.
Voix sur IP : gigue, tampon et erreurs20 paquets de paroleÀ manipuler
Mode d'emploi : réglez la gigue et le taux de perte, choisissez la taille du tampon, puis lancez l'appel.
GIGUE MESURÉE– ms
PAQUETS PERDUS–
QUALITÉ–
Lancez l'appel pour voir l'effet de la gigue sur la restitution.
À retenir : la voix et la vidéo exigent une gigue faible, les transferts de fichiers un taux d'erreur faible. Ce ne sont pas les mêmes contraintes.
Ce que deux équipements doivent convenir avant d'échanger : les règles du protocole, le sens des échanges, la forme de la transmission et la façon dont les horloges restent calées.
Un protocole est un ensemble de règles qui fixent le format, le sens et l'ordre des messages échangés entre deux entités.
Composante
Ce qu'elle fixe
Exemple en HTTP
Syntaxe
Format des messages : champs, taille, ordre des bits
Première ligne « méthode ressource version »
Sémantique
Signification de chaque champ et action attendue
GET demande une ressource ; 200 signifie succès, 404 introuvable
Synchronisation
Qui parle quand, délais d'attente, reprise sur erreur
Le client parle en premier, le serveur répond
Analogie de l'appel téléphonique« Allô ? » ouvre l'échange, « Bonjour, ici Karim » identifie, la conversation se déroule, « Au revoir » ferme proprement. Sans ces conventions partagées, l'échange échoue même si la ligne fonctionne.
Reconstituer un échange HTTP6 messages à remettre dans l'ordreÀ manipuler
Mode d'emploi : cliquez sur les messages dans l'ordre chronologique de l'échange. Une erreur vous le signale immédiatement.
Cliquez sur le premier message de l'échange.
À retenir : sans protocole commun, deux équipements reliés physiquement ne peuvent pas se comprendre. Un réseau superpose des dizaines de protocoles : le modèle en couches de la séance 2 les organise.
Chapitre 4 · Organisation des échanges
4.2 Simplex, half-duplex et full-duplex
Mode
Principe
Exemples
Simplex
Un seul sens, de façon permanente
Radio FM, télédiffusion, capteur vers centrale
Half-duplex
Les deux sens, mais à tour de rôle sur le même canal
Talkie-walkie, Wi-Fi, ancien concentrateur Ethernet
Full-duplex
Les deux sens simultanément, sur des voies séparées
Téléphone, Ethernet commuté, fibre à deux brins
Le piège du duplex mismatch
Si un côté de la liaison est configuré en full-duplex et l'autre en half-duplex, la liaison fonctionne… très mal : collisions, erreurs et débit effondré. C'est l'une des premières choses à vérifier sur un lien anormalement lent.
Le Wi-Fi reste half-duplex : toutes les stations partagent la même fréquence et doivent se coordonner (CSMA/CA, séance 7).
Un port de commutateur en full-duplex offre le débit nominal dans chaque sens : 1 Gbit/s montant et 1 Gbit/s descendant.
Les trois modes en actionDeux stations qui veulent parler en même tempsÀ manipuler
Mode d'emploi : choisissez un mode, puis faites parler A et B simultanément.
CAPACITÉ UTILE1 × D
COLLISIONS–
Choisissez un mode et lancez l'émission.
À retenir : le full-duplex double la capacité utile de la liaison ; c'est le mode normal d'un port de commutateur moderne.
Chapitre 4 · Organisation des échanges
4.3 Série ou parallèle, asynchrone ou synchrone
Série ou parallèle
En série, les bits se suivent sur un seul fil. En parallèle, plusieurs bits partent en même temps sur plusieurs fils. À haute fréquence, les fils d'un bus parallèle se désynchronisent et se perturbent : toutes les liaisons rapides sont devenues série.
Asynchrone ou synchrone
En asynchrone, chaque caractère est encadré d'un bit start et d'un bit stop : simple, mais coûteux. En synchrone, les données partent en blocs et le récepteur récupère l'horloge sur le signal lui-même : surcoût faible, débits élevés.
Où on les rencontre
Asynchrone : port console d'un routeur, liaison UART d'un microcontrôleur. Synchrone : Ethernet, qui commence chaque trame par 7 octets de préambule, la fibre SDH, toutes les liaisons à haut débit.
Rendement d'une trame asynchroneFormat 8N1 et ses variantesÀ manipuler
Mode d'emploi : composez le format de caractère et lisez le rendement obtenu ainsi que le débit utile.
BITS PAR CARACTÈRE10
RENDEMENT80 %
OCTETS UTILES / s11 520
À retenir : émetteur et récepteur doivent partager une horloge, soit par des bits start et stop, soit en la récupérant sur le signal lui-même.
Comment les nœuds sont reliés entre eux, comment la donnée traverse le réseau — circuits réservés ou paquets partagés — et à qui l'on s'adresse : un seul destinataire, un groupe, ou tout le monde.
La topologie physique décrit la façon dont les équipements sont câblés. La topologie logique décrit le chemin réellement suivi par les données : les deux peuvent différer.
Un exemple parlant
Avec un concentrateur, le câblage est en étoile mais chaque trame est recopiée sur tous les ports : la topologie logique est un bus. Remplacer le concentrateur par un commutateur change la topologie logique sans toucher un seul câble.
Coût d'un maillage complet
Relier chacun des n nœuds à tous les autres demande n (n − 1) / 2 liens : 10 pour 5 nœuds, 45 pour 10, 1 225 pour 50. Le coût croît avec le carré du nombre de nœuds, d'où le maillage réservé au cœur de réseau.
Cinq topologies, une panneConnectivité, liens, robustesseÀ manipuler
Mode d'emploi : choisissez une topologie, réglez le nombre de nœuds, puis cliquez sur Couper un lien pour voir qui reste joignable.
6
LIENS6
NŒUDS ISOLÉS0
POINT CRITIQUEle centre
À retenir : l'étoile et l'arbre dominent les réseaux locaux ; le maillage assure la redondance des cœurs de réseau, au prix d'un nombre de liens qui explose.
Chapitre 5 · Topologies et commutation
5.2 Commutation de circuits et commutation de paquets
Critère
Circuits
Paquets
Ressources
Réservées pendant toute la communication
Partagées, allouées à la demande
Établissement
Phase préalable obligatoire
Aucune, ou circuit virtuel
Délai
Constant après établissement
Variable, selon les files d'attente
Efficacité
Faible si le trafic est intermittent
Élevée : multiplexage statistique
Exemples
Téléphonie classique, voix GSM
Internet, Ethernet, MPLS
L'effet de pipeline
Un message de 1 Mbit sur 3 liens à 1 Mbit/s met 3 s s'il traverse d'un bloc chaque nœud. Découpé en 1 000 paquets, il met environ 1,002 s : pendant que le routeur 1 transmet le paquet 2, le routeur 2 transmet déjà le paquet 1.
Course : circuits contre paquetsUn message de 1 Mbit, trois liensÀ manipuler
Mode d'emploi : lancez la course et observez les deux stratégies traverser les mêmes trois liens.
SANS DÉCOUPAGE3,00 s
EN PAQUETS1,50 s
GAIN× 2
Lancez la course pour comparer les deux stratégies.
À retenir : Internet repose sur la commutation de paquets. Les liens sont partagés efficacement, au prix d'un délai variable.
Chapitre 5 · Topologies et commutation
5.3 Modèles d'échange et modes de diffusion
Client-serveur
Les rôles sont fixes : le client demande, le serveur répond. Gestion centralisée et simple, mais le serveur concentre toute la charge. C'est le modèle de la quasi-totalité des services d'entreprise.
Pair à pair (P2P)
Chaque machine est à la fois cliente et serveuse. La capacité totale croît avec le nombre de participants, mais l'administration et le contrôle des contenus deviennent difficiles.
Mode
Destinataires
Exemples
Unicast
Un seul
Page web, transfert de fichier
Multicast
Un groupe abonné
IPTV, protocole de routage OSPF
Broadcast
Tous, sur le réseau local
Requête ARP, découverte DHCP
Anycast
Le plus proche d'un groupe
Serveurs DNS racine, CDN
Qui reçoit le message ?Quatre modes de diffusionÀ manipuler
Mode d'emploi : choisissez un mode et envoyez le message. Les hôtes qui le reçoivent s'allument ; le routeur bloque ou non selon le mode.
Choisissez un mode puis envoyez le message.
À retenir : le broadcast reste confiné au réseau local — le routeur ne le propage pas. C'est ce qui délimite le domaine de diffusion.
Qui écrit les normes que tous les constructeurs respectent, comment lire une référence IEEE 802.x ou une RFC, et le lexique complet des termes rencontrés dans cette séance.
Sans elles, le commutateur d'un constructeur ne pourrait pas dialoguer avec la carte réseau d'un autre. Une norme fige un format et un comportement, ce qui garantit l'interopérabilité et la pérennité des investissements.
Organisme
Domaine
Productions
ISO
Normalisation internationale
Modèle de référence OSI (ISO/IEC 7498)
IEEE
Réseaux locaux et métropolitains
802.3 Ethernet, 802.11 Wi-Fi, 802.1Q VLAN
IETF
Protocoles d'Internet
RFC : IP, TCP, HTTP, DNS
UIT-T
Télécommunications d'opérateurs
ADSL (G.992), GPON (G.984), SDH
3GPP / ETSI
Réseaux mobiles
3G, 4G LTE, 5G NR
TIA / ISO-IEC
Câblage structuré
TIA-568, ISO/IEC 11801
Au Maroc
L'ANRT régule les télécommunications, attribue les fréquences et agrée les équipements radio. Elle applique localement des normes écrites par les organismes internationaux.
Qui normalise quoi ?9 technologies à attribuerÀ manipuler
Mode d'emploi : sélectionnez une technologie, puis l'organisme qui la normalise.
IEEERéseaux locaux, famille 802
IETFProtocoles d'Internet, RFC
UIT-T / 3GPPOpérateurs et mobiles
Sélectionnez une technologie, puis son organisme.
À retenir : IEEE 802 normalise les réseaux locaux, l'IETF les protocoles d'Internet, l'UIT-T et le 3GPP les réseaux d'opérateurs et mobiles.
Chapitre 6 · Normalisation et lexique
6.2 Lire une référence de norme
Famille IEEE 802
Le numéro après le point désigne le groupe de travail, les lettres qui suivent un amendement. 802.3ab est le Gigabit Ethernet sur paires torsadées ; 802.11ax est le Wi-Fi 6. La Wi-Fi Alliance a simplifié ces noms en Wi-Fi 4, 5, 6 et 7.
Les RFC de l'IETF
Une proposition démarre comme Internet-Draft, est discutée publiquement, puis peut être publiée en RFC numérotée. Une RFC publiée n'est jamais modifiée : une révision reçoit un nouveau numéro. TCP, défini par la RFC 793 en 1981, est ainsi remplacé par la RFC 9293 en 2022.
Bon réflexe
Les RFC sont gratuites et consultables sur rfc-editor.org. Quand une question technique reste ambiguë, la RFC tranche : c'est la référence, pas la documentation d'un constructeur.
Décodeur de référencesQue désigne cette norme ?À manipuler
Mode d'emploi : cliquez sur une référence pour obtenir sa signification, son domaine et l'organisme qui la publie.
Choisissez une référence dans la liste.
À retenir : savoir lire une référence, c'est savoir retrouver la source exacte d'un comportement réseau plutôt que de se fier à une approximation.
Chapitre 6 · Normalisation et lexique
6.3 Lexique de la séance
Lexique interactif116 termesÀ manipuler
Mode d'emploi : tapez un terme ou une partie de sa définition, ou filtrez par thème. La recherche porte aussi sur les définitions.
À retenir : un acronyme mal compris fausse tout un raisonnement. Vérifiez le sens exact avant d'utiliser un terme dans un rapport ou un cahier des charges.
Le bouton s'active quand les 6 chapitres sont validés, c'est-à-dire tous les schémas manipulés et au moins 4/5 à chaque mini-évaluation, et que le prénom et le nom sont renseignés.
Attestation de compétences
Technologies des réseaux et communication · 1A MIC · Séance 1
Le professeur soussigné atteste que
Prénom NOM
a validé la compétence :
Caractériser une liaison de données et l'organisation des échanges : information et signal, débit, latence, protocoles, topologies et commutation
Ch.
Compétence
Quiz
1
Décrire les constituants d'un réseau et son échelleRappel des fondamentaux
2
Expliquer la chaîne information, donnée, signal et numériser un signalInformation, signal et numérisation
3
Calculer et interpréter débit, latence, gigue et taux d'erreurPerformances d'une liaison
4
Définir un protocole et distinguer les modes de transmissionOrganisation des échanges
5
Comparer les topologies et les techniques de commutationTopologies et commutation
6
Situer les organismes de normalisation et lire une référenceNormalisation et lexique